Mairie de Bellot

Notre histoire / L'église Saint Loup

L'histoire de l'Eglise Saint Loup

L'histoire de l'Eglise Saint Loup

Guide de visite complet

Inscrite à l'inventaire des Monuments Historiques par arrêté ministériel le 13 juillet 1926, l’église Saint-Loup de Bellot, constitue un remarquable témoignage de l’architecture religieuse rurale de la Brie. Elle est dédiée à Saint-Loup (vers 383-478), célèbre pour avoir défendu Troyes contre Attila en 451, et à Saint Maur (vers 512 – vers 584), envoyé en Gaule pour diffuser la règle bénédictine. Sa construction s'étend du XIIe au XIXe siècle.

La trace administrative la plus ancienne de Bellot remonte à 1112, sous le nom latin de Bellotum. Manassès Ier, évêque de Meaux (de 1105 à 1120), organise la paroisse et en confie la cure aux religieux de Molèmes. En 1112, il y a donc un curé à Bellot, ce qui suppose l’existence d’une église ou d’une chapelle antérieure à l’actuelle église Saint-Loup. Justement, le toponyme la vieille église, sur la Butte Maupoix, près de la Fontaine aux Lièvres, renvoie à un emplacement d’église disparue ou en ruine.

Le premier acte d’état civil Bellot date de 1511, signé du curé Faverel qui exerce également un travail de copie en transcrivant des documents plus anciens pour en assurer la conservation.

La construction de l’église Saint Loup s'étend du XIIe au XIXe siècle. L’architecture offre un heureux mélange de styles roman et gothique. Quatre piliers centraux des XIIe et XIIIe siècles  soutiennent le clocher en bâtière.

Aux XVe et XVIe siècles, d’importants remaniements viennent modifier l’aspect du bâtiment : les contreforts extérieurs, les colonnes à chapiteau sculptés accolées aux piliers d’origine, la nef de plein ceintre et d’ogives, les voûtes et arêtes de voûtes, les colonnades de l’abside, les bas côtés éclairés de baies à rosaces menant aux deux chapelles latérales, et le porche du XVIe siècle reconstruit en 1843 avec des matériaux anciens.

La voûte du chœur se distingue par une fresque monumentale exceptionnelle, dite Ornement aux mille mains, réalisée en 1719 et restaurée au XIXᵉ siècle. Ce programme iconographique associe les quatre Évangélistes, six figures de l’Ancien Testament et des anges musiciens, exprimant la continuité biblique et la louange céleste. Les fresques sont complétées par des traces de litres funéraires, d’épitaphes et de murs peints.

 

Le chœur pentagonal vouté de croisées d’ogives apparait comme richement décoré. La chaire de la nef, la grille de communion et les boiseries du choeur du XVIIIe (toutes deux classées) sont complétées par le maître-autel en marbre (1870) surmonté d’un tabernacle en marbre classé (1841) et d'une croix monumentale (1861) sur un dallage à damier (1868).

 

Les thèmes majeurs de l'église Saint-Loup s’organisent autour de trois figures spirituelles fortes : le Sacré-Cœur, Saint Loup et Saint Maur, comme en témoignent les trois verrières de l'abside (1897). Les vitraux ainsi que l'essentiel du mobilier, incluant les fonts baptismaux en pierre du XIXe, sont l'oeuvre de François Haussaire, célèbre sculpteur et maître-verrier rémois.

 

La noblesse locale a profondément marqué l’histoire de l’église depuis le Moyen Âge. Les seigneurs du château de Bellot (Maupéou, De Tressan) contribuent au prestige et au soutien de l’église, tandis que les seigneurs du fief indépendant de Culoison (Du Gourdel, Du Buisson…) ont une présence plus directe dans l’église, notamment par leurs sépultures. 

 

La chapelle de la Vierge, par exemple, se distingue par son caractère à la fois spirituel et seigneurial. Lieu de sépulture pour les seigneurs et dames de Culoison au XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècle, elle a bénéficié d’embellissements de la part des seigneurs du château de Bellot par des aménagements et des dons. Son iconographie, centrée sur la Vierge protectrice et consolatrice, reflète le renouveau du culte marial au XIXe siècle et l’attachement profond de la communauté à cette figure.

Le clocher de Saint-Loup de Bellot a conservé deux cloches, alors que la paroisse en possédait trois avant la Révolution. La plus ancienne baptisée Catherine et orthographiée Chaterine sur le bronze, est bénie le 18 octobre 1705 par le curé Christophe Gautier, avec pour parrain Jean-Baptiste du Buisson, seigneur de Culoison, et pour marraine Catherine du Gourdel. Le même jour de 1705 est bénie la grosse cloche Marie-Marguerite, dont la marraine est Marie-Marguerite Bouchet, épouse de Monsieur Le Maistre. Sans doute fêlée pour avoir sonné le tocsin durant trois jours lors du grand incendie du 21 septembre 1834, Marie-Marguerite est refondue puis remontée le 27 décembre 1854. Elle est alors rebaptisée Marie-Hermance (l’un des prénoms de l’épouse de Jacques Potel, alors maire et parrain de la cloche). La nouvelle horloge a été installée pour la fête de l'Assomption le 15 août 1865.

Sous l’impulsion du curé Léon Perrin, le cimetière historique, placé autour de l'église, déménage au lieu dit de l'Orge Foulée en 1890. En 1874, le conseil de fabrique décide la construction d'une nouvelle sacristie. Les travaux sont dirigés par l'architecte Jules Marmottin pour une mise en service en 1893.

En 1920, le conseil municipal avec l'architecte des bâtiments de France demande le classement de l'église, ce qui sera fait par arrêté ministériel le 13 juillet 1926 (inscription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques). Une nouvelle horloge est installée en 1959 et un nouveau coq en 1962.

Les curés de Bellot ont été les grands bâtisseurs et conservateurs du patrimoine local, enrichissant l'église d'œuvres majeures comme les fresques de 1719 ou le mobilier liturgique. Ils ont également joué un rôle civil et social fondamental, initiant l'état civil dès 1511 et soutenant la population lors des grandes crises telles que la Révolution ou les épidémie. Enfin, au-delà de leur mission de guides spirituels, plusieurs se sont imposés comme de véritables historiens, préservant précieusement la mémoire et l'identité du village à travers les siècles.

Par son architecture, la richesse de ses peintures murales, ses liens avec la seigneurie locale et la cohérence de son mobilier liturgique, l’église Saint Loup constitue un document vivant de l'identité de Bellot. La commune de Bellot met en place un programme pluriannuel de travaux en vue de sa conservation et de sa restauration.

 


La seigneurie de Bellot et le fief de Culoison


Quand un presbytère devient mairie

Quand un presbytère devient mairie

En 1861, l’Abbé Binant cède son presbytère à la commune contre une rente viagère. A son décès, la commune récupère cette maison et la loue aux curés. En 1962, après le décès du Père Verbist, le bâtiment devient inoccupé. En 1993, sur proposition de la conseillère municipale Danielle Boudinot, la commune restaure l’édifice et y transfère la Mairie ainsi que l’agence postale. Un appartement indépendant est laissé à la disposition de l’Evêché pour le cas où  il veuille y installer un prêtre. La « nouvelle » Mairie est inaugurée en 1993 par monsieur Jacques Larché, président du Conseil Général et Monsieur Alain Peyrefitte, député maire et ancien ministre du Général de Gaulle.

« L’abbé Binant avait prévu des clauses limitatives à sa donation. Ce n’est que parce que sa branche familiale s’est éteinte que la commune de Bellot a pu utiliser en partie le presbytère pour y installer la mairie » - Claude Macé


Les curés de Bellot

 

 

LES CURÉS DE BELLOT

L’histoire de Bellot et de l’église Saint-Loup se reflète dans la succession de ses curés, dont les écrits et les actions ont rythmé la vie paroissiale. Les sources évoluent selon les époques : d’abord les registres de baptêmes, mariages et sépultures, puis les témoignages matériels de l’église (inscriptions, épitaphes, cloches) et enfin les chroniques du bulletin paroissial.

L’Abbé Faverel (1511 à 1533), auteur du plus ancien registre connu de la paroisse.

Le premier registre contient notamment le premier baptême connu du village, celui d’une petite fille prénommée Marion en septembre 1511. Ce registre témoigne de son travail de copiste, recopiant des documents plus anciens. En 1533, il achève son ouvrage en le signant d’une maxime latine :
Sat cito si sat bene  (assez tôt fait, si c’est bien fait). Ailleurs, une formule plus familière : De peu assés,
que les chroniqueurs ont compris comme un soupir de fatigue : c’est assez pour aujourd’hui ; à chaque jour suffit sa peine. On imagine le prêtre déposant sa plume d’oie après de longues heures de transcription ;
ce geste minuscule, devenu au fil des siècles une scène fondatrice de la mémoire bellotière.

La documentation connaît ensuite une lacune de près d’un siècle, durant laquelle les curés de Bellot restent inconnus faute d’archives, mais qui ne signifie pas l’absence d’une vie paroissiale.

Messire Sébastien Griffaut (1635 à 1667). Son épitaphe est toujours visible dans le sanctuaire.

Il rouvre la série des registres paroissiaux, qu’il tient avec soin dans une écriture gothique régulière.
Se présentant comme prêtre, bachelier et recteur, il signe I. S. Griffault (Isidore Sébastien) d’une manière originale. Probablement originaire de Bellot, il apparaît très intégré à la communauté, étant choisi près d’une centaine de fois comme parrain, ce qui suppose un réseau familial ou relationnel exceptionnellement large dans le village.  D’abord mentionné comme vicaire en 1635, il devient ensuite curé et décède vers août 1667, remplacé par son vicaire Nicolas Pélard. Son souvenir demeure dans l’église Saint-Loup, où son épitaphe latine est encore visible, dans le sanctuaire au-dessus de la boiserie (côté de l’Évangile) :
Magister Sebastianus Griffault rector hujus Ecclesiae.

Messire Nicolas Pélard (1667 à 1676). Tient le registre en « belles lettres moulées ».

Prêtre bachelier (diplômé en théologie, avec un niveau d’études supérieur à la moyenne du clergé paroissial), il est vicaire en 1666 et se distingue par la tenue rigoureuse des registres paroissiaux. Il ouvre en 1667 un registre de mariages et sépultures où il signe comme prestre bachelier et curé de Bellot. Son écriture soignée rend les actes particulièrement lisibles, et il veille à leur validité : en 1672, alors que le vicaire ou le recteur des écoles rédigent souvent les actes à sa place, il prend soin d’authentifier officiellement les pages
en y apposant sa signature. Les registres qu’il tient mentionnent plusieurs inhumations et témoignent aussi de la vie sociale du village. Les actes sont alors paraphés au bailliage de Meaux, où un double est conservé, tandis que Bellot relève du diocèse de Meaux, contrairement aux paroisses voisines de Verdelot
et Sablonnières, dépendantes de Soissons.

Messire Saint-Mars (1676 à 1678). Précurseur de l’état civil moderne.

Il arrive comme vicaire en 1676 et devient curé intérimaire. Il quitte Bellot en 1678 pour devenir vicaire à Jouy-sous-Morin. Son passage reste notable pour une innovation dans les registres : lors d’un mariage
en 1678, il introduit pour la première fois un renvoi en marge signé, une pratique annonçant les méthodes plus rigoureuses de l’état civil moderne.

Messire Jean Lambin (1678 à 1701). Inhumé dans le chœur.

Très présent dans la vie du village, il est souvent choisi comme parrain, signe de liens étroits avec les familles. Son ministère est marqué par la visite en 1695 de l’abbé Bossuet, archidiacre de Brie et neveu de l’évêque de Meaux, et en septembre 1695 l’inhumation tragique des restes d’un enfant de six ans dévoré par un loup à Champmartin. Il meurt le 22 octobre 1701 et est inhumé dans l’église, en présence de plusieurs prêtres. L’acte est signé par son adjoint Christophe Gautier, qui lui succède comme curé.

Messire Christophe Gautier (1701 à 1754). Installe les cloches, inhumé dans le chœur.

Il marque profondément la paroisse de Bellot et devient doyen rural du doyenné de La Ferté-Gaucher.
Il préside notamment la bénédiction des cloches Marie-Marguerite et Catherine en 1705, et son nom figure encore sur la cloche « Chaterine » datée de 1718. Son neveu, Claude-Christophe Gautier, est son vicaire avant de devenir curé de Tancrou avant de revenir finir ses jours à Bellot, où il mourra en 1782 à l’âge
 de 94 ans. Christophe Gautier s’éteint en 1754 et est inhumé dans le chœur de l’église, signe du respect attaché à une vie donnée à la paroisse.

Messire Pierre-Joseph Daudicourt ou Daudricourt – (1755 à 1760). Inhumé dans le chœur.

Son arrivée est précédée d’un intérim assuré par le curé de Mary. À cette époque, la paroisse ne dispose plus de vicaire résident et des prêtres des villages voisins ou le recteur des écoles François Legrand suppléent en cas d’absence. Daudicourt meurt prématurément le 4 avril 1760, à environ 47 ans. Il est inhumé solennellement dans le chœur de l’église en présence de nombreux curés de la région et de membres de sa famille.

Messire Estienne-François Le Sourd (1760 à 1782). Fait blanchir et carreler le sanctuaire.

Les chroniques le décrivent comme un bon pasteur : zèle, charité, souci de mémoire. En 1767, il finance, sur ses propres deniers, d’importants travaux de rénovation du sanctuaire : blanchiment, carrelage
et peinture. Une inscription murale, faite de son vivant sur le mur du sanctuaire, en garde le souvenir : Monsieur Le Sourd, curé zélé pour ce lieu, le rendit de son temps, blanchi, carrelé et peint (1767). Ses registres se distinguent par une écriture claire et soignée et il prend soin d’y mentionner ses vicaires. C'est durant son ministère, en 1772, que les registres mentionnent l'existence d'industries florissantes à Bellot, notamment un moulin à foulon et un moulin à huile aux Brus, témoignant de la culture du lin et du chanvre dans la paroisse. Intégré à la vie locale (en 1765, il assiste au mariage de son neveu Jean Roze, notaire royal, fils d’une de ses sœurs), il meurt le 19 janvier 1782 après vingt-deux ans de ministère et est inhumé dans le cimetière, peu avant l’arrivée de son successeur Étienne Ouvré.

Messire Étienne Ouvré (1782 à 1824). Le curé de la Révolution et officier public.

Figure majeure de l’histoire de Bellot, son long ministère couvre la période troublée de la Révolution française. En 1793, lorsque l’état civil est retiré au clergé et que personne ne souhaite remplacer le curé, Étienne Ouvré est nommé officier public, par la confiance de ses concitoyens. Le 20 janvier 1793, veille de l’exécution de Louis XVI, il est élu membre du Conseil général de la commune. Il enregistre alors officiellement naissances et mariages civils tout en restant fidèle à sa vocation sacerdotale. Durant la Terreur, il continue même de célébrer la messe clandestinement dans la maison du maire Jacques Antoine Potel. Après la Révolution, il reste adjoint municipal et participe en 1811 à la reconstitution de la Fabrique. Ancien vicaire de La Ferté-sous-Jouarre et docteur de la Sorbonne, il possède des notions de médecine qu’il met au service des habitants. Très engagé dans la vie locale, il manifeste sa générosité dès 1790 en donnant 150 livres pour réparer l’école et construire une maison vicariale. À sa mort en 1824, il est enterré d’abord dans l’ancien cimetière près du portail de l’église, puis transféré plus tard au nouveau cimetière de l’orge foulée.

Comment se déroulait la messe clandestine chez le maire Potel ?

Durant la période la plus sombre de la Terreur, les lettres de prêtrise de l'abbé Estienne Ouvré sont brûlées publiquement par la municipalité. Après sa démission le 1er décembre 1793, il choisit de rester parmi ses paroissiens plutôt que de s'exiler, et trouve refuge chez le maire du village, Jacques Potel. Alors que les églises sont fermées et que la pratique du culte est strictement interdite sous peine de mort, le prêtre continue de célébrer la messe clandestinement dans la maison même du maire au cœur du bourg. Cette pratique est extrêmement risquée, car la vie des citoyens est à la merci de la moindre dénonciation, Bien que Jacques Potel occupe une fonction officielle sous la République, il risque également sa vie en abritant le prêtre et en lui permettant le maintien d'une vie spirituelle cachée. Cette situation perdure jusqu'à ce que le calme revienne progressivement après la chute de Robespierre en juillet 1794.

Messire Boucauderupth, dit « Boileau » (1824 à 1826)

Les habitants ne pouvant prononcer son nom, il est surnommé Boileau, mais il signe les registres de son véritable nom. Son passage à Bellot est bref et il meurt peu après avoir quitté la paroisse. Après lui, le service est assuré provisoirement par M. Le Bassac (curé de Villeneuve)

M. Vasselin (1826).

Les registres ne mentionnent que quelques signatures, du 29 mai au 12 juin 1826. Son successeur,
M. Cauvin, a noté dans ses mémoires biographiques que M. Vasselin ne put s'accoutumer au pays, ce qui explique la brièveté exceptionnelle de son séjour dans la paroisse. Après son départ précipité en juin 1826, le service religieux est assuré provisoirement par le curé de Villeneuve, M. Le Bassac.

M. Saint-Didier (1826 à 1827). Laisse un legs important pour l'embellissement de l'église.

Ses signatures n’apparaissent que du 28 novembre 1826 au 29 décembre 1826. Il tombe malade, s’alite, et meurt en fonctions le 10 mars 1827.  Malgré la brièveté de son ministère, il reste dans la mémoire paroissiale comme un bienfaiteur de l’église. Il laisse par testament une somme destinée à l’embellissement de l’église, qui permettra l’érection d’un Chemin de Croix et au carrelage du chœur. Ses funérailles sont célébrées en présence de nombreux prêtres de la région, dont le curé de Villeneuve-sur-Bellot (M. Le Bessac), le curé de Sablonnières, et M. Châtellard, missionnaire — détail important, car en 1827 les deux frères Châtellard se succèdent à Bellot.

Jean Châtellard (1827). Missionnaire, frère du suivant

Il assure brièvement la charge (avril–septembre 1827).

Jean-Pierre Châtellard (1827 à 1834). Curé durant l'épidémie de Choléra de 1832.

Originaire de Savoie, il fait installer un Chemin de Croix grâce au legs de Saint-Didier et participe à une mission religieuse : les sources parlent d’une rénovation des consciences destinée à raviver la foi après les troubles politiques et sociaux. Son ministère est marqué par les événements de 1830 et surtout par l’épidémie de choléra de 1832 qui cause une centaine de décès dans le village. Il quitte Bellot en 1834 pour Dammartin-sur-Tigeaux, où il achève une longue carrière sacerdotale.

Paulmier (1834 à 1837). Curé durant le grand incendie de 1834.

Originaire de Falaise, il poursuit à Bellot l’œuvre de renouveau religieux engagée par son prédécesseur. Sa présence est attestée dans les registres de mai 1834 à avril 1837, avant qu’il ne soit probablement nommé dans les paroisses de Chailly-en-Brie puis de Vers. C’est sous son ministère que le grand incendie de Bellot s’est déclaré dans la nuit du 21 septembre 1834. Durant trois jours, la grande cloche Marie-Marguerite a été fêlée à force d'avoir été frappée à coups de marteau redoublés pour sonner le tocsin afin d'alerter la population.

Joseph Lefèvre (1837 à 1841). Mort prématurément à 29 ans.

Originaire de Touques, près de Trouville, et ancien professeur au prestigieux collège de Juilly, il arrive à Bellot en espérant que l’air de la campagne lui rendra des forces ; mais sa santé reste fragile. Dès son installation,
il doit être suppléé par son ami Charles Cauvin, alors curé de Villeneuve. Vers la fin de sa vie, en 1840, il est tellement affaibli que les actes paroissiaux sont rédigés par l'instituteur et clerc M. Paschal d'après les notes du curé, puis signés par le doyen pour confirmer leur validité. Malgré la maladie, Lefèvre introduit néanmoins des instructions après les vêpres et la communion publique lors des grandes fêtes. Atteint de la petite vérole, il meurt en 1841 à l’âge de 29 ans et est inhumé dans l’ancien cimetière entourant l’église.

Charles Cauvin (1841 à 1845). Historien de la paroisse, ami fidèle de Lefèvre et homme d’action.

Ami proche de Joseph Lefèvre et lui aussi originaire de Touques, il vient à Bellot pour tenir la promesse de veiller sur la tombe de son ami. Ancien professeur au collège d’Oullins, près de Lyon, il laisse environ 35 pages de notes sur un petit registre, où il consigne des observations sur la vie paroissiale, des cérémonies, des personnes, des événements. Son ministère voit plusieurs enrichissements de l’église : l’installation d’un nouveau tabernacle financé par une loterie organisée par Mlle Evelina de Tressan (1841), la bénédiction de la Croix du Rû offerte par le Marquis de Tressan (1842) et l’installation des reliques envoyées de Rome, offertes par Evelina de Tressan. Curé d’action, il n’hésite pas à sortir du Petit Morin un scieur de long nommé Doublet et son cheval qui y étaient tombés. En 1845, lorsque des pluies continuelles menacent les récoltes, il organise une messe à six heures du matin réunissant quatre-vingts personnes ; quelques jours plus tard, le beau temps revient, sauvant la moisson, et l’épisode s’inscrit dans la mémoire paroissiale comme un signe d’espérance. Proche du château, il assiste le marquis de Tressan dans ses derniers instants en novembre 1842. Il quitte
la paroisse le 25 septembre 1845 après avoir installé son successeur, Édouard Binant.

Édouard-Hippolyte-Alphonse Binant (1845 à 1867). Fait refondre la grosse cloche, généreux envers l’église et la commune.

Dès son arrivée le 28 septembre 1845, il dresse un inventaire complet du mobilier et tient les registres avec une grande précision. Il fait refondre la grande cloche Marie-Marguerite sur la place du village et la bénit le 27 décembre 1854 sous le nom de Marie-Hermance. En 1861, il acquiert la grande croix surmontant encore le maître-autel et bénit en 1864 le nouveau Chemin de Croix offert par Berthe de Corlieu à l’occasion de son mariage. Il établit le chant romain, perturbant au passage les chanteurs paroissiaux habitués aux anciennes mélodies.

Sous son ministère, la question du logement du curé devient centrale. D’abord logé grâce à une indemnité municipale de 100 francs (votée en 1850), il acquiert sur ses propres deniers une maison proche de l’église en 1857 pour en faire le presbytère. En 1861, après plusieurs refus de la commune d’une rente perpétuelle contre donation de la maison, il donne la maison à la municipalité en échange d’une rente viagère, à condition qu’elle serve à perpétuité au logement du desservant de Bellot. L'escalier du bâtiment (l’actuelle mairie) est l'ultime vestige du passé. En 1867, estimant ne plus pouvoir assumer sa charge, il demande son remplacement et installe lui-même son successeur Pierre Éguin. Lors du transfert du cimetière en 1881, ses restes sont déplacés au nouveau cimetière. Sa sœur, Mademoiselle Binant, offre 500 francs à la commune afin qu’une place réservée lui soit accordée au pied de la croix du nouveau cimetière, et l’on y réunit aussi les restes d’Ouvré, Lefèvre et Cauvin.

Messire Pierre Éguin (1867 à 1871). Installe le maître-autel en marbre.

Originaire de Vannes et venant de Sainte-Colombe-les-Provins, il fait réaliser le dallage du sanctuaire et du chœur. Le futur chanoine René Herbin, alors séminariste, aide à transporter les pierres de blocage avec son âne. Pierre Éguin bénit plusieurs statues (la Vierge à l’Enfant offerte par Mme Proffit et Saint Joseph) et fait réinstaller une croix à Culoison. En 1870, il remplace l’ancien autel en bois par un maître-autel en marbre provenant de Saint-Ayoul de Provins. Il quitte la paroisse en mars 1871 pour Saint-Cyr-sur-Morin et reviendra en 1896 assister à la consécration du maître-autel qu’il avait fait installer vingt-six ans plus tôt.

Léon Perrin (1871 à 1902). Mène des travaux et transfère le cimetière vers « l'Orge-foulée ».

Dans une période de stabilité, son ministère est marqué par le blanchiment de l’église pour la fête de Saint-Maur en 1870 et surtout le transfert du cimetière en 1881 (jusqu’alors autour de l’église) vers le site de l’Orge-Foulée pour des raisons d’hygiène publique liées à la proximité de puits. Il impulse plusieurs travaux dans l’église, notamment l’installation des bancs de la grande nef (1888) et la construction de la nouvelle sacristie (1890). Il nourrit un projet d’isolement de l’église de la place par un muret et une grille du porche au presbytère, qui sera rejeté par le conseil municipal en mai 1894. En 1896, il accueille la consécration solennelle du maître-autel par Mgr de Briey, en présence de quinze prêtres du diocèse. Dans la gestion, Perrin s’appuie sur des notables — les fabriciens Nicolas Blanchoin, J.B. Fagot, Hubert Renault, Louis Griffaut, Léon Herbin — rappelant combien, dans la France du XIXᵉ siècle, l’église du village est une œuvre collective administrée au quotidien.

Louis Thuillier (1902 à 1909)

L’abbé Paul Roussel (1909 à 1942) : le prêtre-historien, fondateur du bulletin Mon Vieux Clocher

Paul Roussel marque une nouvelle étape dans l’histoire de Bellot en fondant en 1911 le bulletin paroissial, Mon Vieux Clocher, destiné à préserver la mémoire du village. Sous sa direction, le bulletin connaît deux périodes de publication, de 1911 à 1914 puis de 1930 à 1933. Historien attentif, il dépouille les vieux registres “page par page, la plume à la main”, là où d’autres n’avaient jeté qu’un coup d’œil rapide. Il recueille les témoignages des anciens pour reconstituer l’histoire locale et n’hésite pas à corriger les erreurs d’auteurs qu’il juge hâtifs, inexacts et incomplets. Son ministère est traversé par les guerres. En 1916, mobilisé et sans ressources, il demande une réduction du loyer de son presbytère ; en 1920, la commune lui remet une dette de 500 francs ; il reste curé jusqu’en 1942, en pleine Occupation, et demeure dans la mémoire comme le prêtre-historien qui a contribué durablement à la sauvegarde du passé de Bellot.

Pierre Thibeau (1942 à 1946) : En résidence à Villeneuve.

L’abbé Victor Verbist (1947 à 1962). Reprend le bulletin Mon Vieux Clocher et électrifie les cloches.

Poursuivant l’œuvre historique de Paul Roussel après la Seconde Guerre mondiale, il relance le bulletin Mon Vieux Clocher en 1956 et publie des notices historiques sur Bellot et Sablonnières, tout en collectant documents et témoignages auprès des habitants. Très actif, il restaure des traditions religieuses comme le pèlerinage de Saint-Hubert à Sablonnières, répare des vitraux endommagés par des jets de pierres et entreprend l’électrification de la cloche Marie-Hermance au début des années 1960 par une grande souscription récoltant plus de 2 000 N.F. Il soutient les vocations locales, notamment celle de René Lourdin, un enfant de Bellot, dont il prépare l’ordination et la première messe à. Malade en 1957, il reprend ensuite son ministère avant de quitter la paroisse en 1962, remplacé l’année suivante par l’abbé Jean Henry.

René Lourdin, originaire de Bellot, est ordonné prêtre le vendredi 29 juin 1956 en la cathédrale de Meaux. Un car est mis à la disposition des habitants pour assister à la cérémonie. Le dimanche 1ᵉʳ juillet 1956, il célèbre sa première messe solennelle en l’église Saint-Loup, la première au village depuis quarante-trois ans. Il est ensuite nommé vicaire à Sainte-Croix de Provins et aumônier militaire de la garnison de Provins, avant de rejoindre les paroisses de Brou, Saint Fargeau Ponthierry et enfin Carqueiranne.

Jean Henry (1963 à 1965)

François Bécquante (1965 à 1974). En résidence à Verdelot.

Le Père Régis Pharisier (1974 à 2001).

Représentant de l’évêque de Meaux, il assure pendant près de trente ans une présence stable et structurante dans la paroisse. Le 4 décembre 1993, il assiste à l’inauguration de la nouvelle mairie et de l’agence postale, installées dans l’ancien presbytère inoccupé depuis le décès du père Verbist en 1962, en compagnie des personnalités telles que Jacques Larché (sénateur et président du conseil général de Seine-et-Marne), Alain Peyrefitte (député-maire de Provins), Robert Piat (conseiller général et sénateur). Cette scène, où l’Église est présente à côté des autorités civiles dans un bâtiment autrefois presbytéral, dit l’évolution du village : continuité des lieux, transformation des usages, et permanence d’une mémoire partagée.

Depuis les années 2000, l’église Saint-Loup est rattachée au pôle missionnaire de Coulommiers et la charge pastorale est assurée par l’équipe en responsabilité sur plusieurs clochers : l’abbé Pierre Truber, François Labbé (pendant 10 ans) et actuellement André Urbanek.

 

sources : 

  • Bulletin paroissial Mon Vieux clocher – années 1930 à 1938
  • Bulletin paroissial Mon Vieux clocher – années 1956 à 1962

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